Dans les années 1990, le Vermont accueillit un ancien membre de la Garde côtière américaine, venu étudier l’art culinaire pendant deux ans. Cette période, aussi brève que marquante, allait s’avérer transformatrice pour cet homme qui, après quelques saisons de travail dans sa nouvelle profession, prit un chemin différent.
Cette époque du Vermont restait gravée dans sa mémoire pour son caractère unique, son timing parfait dans sa trajectoire personnelle, et les rencontres extraordinaires qui l’ont jalonnée. Arrivant de Boston, il avait entendu diverses anecdotes sur les Vermontois avant même de poser le pied dans l’État des Montagnes Vertes. Certaines reflétaient les préjugés typiques des métropoles, d’autres s’avérèrent étonnamment pertinentes.
Les Six Saisons du Vermont
L’une de ces observations locales affirmait que le Vermont possédait plus que les quatre saisons conventionnelles – une réalité indéniable. Au-delà du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver, les Vermontois connaissent intimement la « saison de la boue » et la mystérieuse « saison des bâtons ».
La saison de la boue marque ces semaines précoces du printemps où la neige commence à fondre tandis que le sol reste gelé à quelques centimètres de profondeur. Ce phénomène crée une épaisse couche boueuse capable d’engloutir les véhicules les plus robustes.
L’Éloge de la Saison des Bâtons
La saison des bâtons, période de transition entre l’automne et l’hiver, constituait le moment le plus précieux de l’année dans cet État majestueux – bien que souvent négligée par la majorité. Comme l’évoque Robert Frost dans son poème « Octobre », c’est l’époque où les habitants peuvent réclamer le territoire comme véritablement leur.
Après le départ des touristes venus admirer le spectacle flamboyant des feuillages automnaux et avant l’arrivée des skieurs cherchant refuge près des cheminées crépitantes, les Vermontois redécouvrent la tranquillité de leur environnement. Les arbres dénudés et le calme des journées révèlent une beauté subtile mais profonde.
Un Parallèle avec la Sclérose en Plaques
Cette saison des bâtons trouve un écho particulier dans l’expérience de vivre avec la sclérose en plaques (SEP). Premièrement, la majorité des gens peine à percevoir la beauté authentique qui émerge lorsque les aspects traditionnellement valorisés de l’existence s’estompent. La vie avec la SEP évoque souvent les feuilles tombées des carrières abandonnées et des amitiés dissoutes sous le poids de la maladie. Pour les observateurs extérieurs, ce paysage peut sembler désolé, mais pour ceux qui l’habitent, il offre une sérénité incomparable.
Naviguer dans cet univers transformé constitue une expérience extraordinaire, bien que distincte des plaisirs saisonniers conventionnels. Apprécier cette beauté particulière requiert patience et sensibilité. Les fragments du passé jonchent le chemin, rendant l’orientation parfois difficile. Cependant, ceux qui ont tracé leur voie à travers la SEP deviennent des guides précieux, créant une communauté d’entraide mutuelle.
Les parfums, les sonorités et jusqu’à la texture de l’air diffèrent pendant cette saison des bâtons métaphorique de la SEP. Cette réalité, bien qu’éloignée des expériences antérieures, révèle une beauté que seuls les initiés peuvent pleinement saisir.
Finalement, tout s’équilibre. De nouvelles amitiés naissent pour accompagner cette traversée forestière, transformant fondamentalement l’expérience. Puisse chacun, au sein de sa famille, jouir d’une santé florissante dans toutes les saisons de sa vie.