Oublier quelque chose? Tu es censé faire ça

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L’oubli est souvent perçu comme un désavantage, et s’il persiste pendant une longue période, il est associé à des maladies neurodégénératives. Cependant, des preuves récentes suggèrent que l’oubli non pathologique est en réalité une partie active et adaptative du processus d’apprentissage et de la préservation de la mémoire.

Selon une étude publiée dans Cell Reports par Livia Autore, neuroscientifique et chercheuse postdoctorale au Trinity College de Dublin, l’oubli est un processus actif qui joue un rôle essentiel dans notre capacité à mémoriser. En effet, notre environnement est en constante évolution et pour nous adapter à ces changements, nous devons mettre à jour nos souvenirs, ce qui implique également d’oublier certains éléments.

Pour étudier les changements qui se produisent dans les cellules de la mémoire lors de l’oubli, l’équipe d’Autore a utilisé des virus qui marquent les engrammes, qui sont les composantes physiques des souvenirs dans le cerveau. Ils ont ensuite réalisé une expérience avec des souris, dans laquelle celles-ci ont été exposées à deux ensembles d’objets dans des environnements différents. Le lendemain, les chercheurs ont testé la mémoire des souris en les replaçant dans les environnements d’origine. Les résultats ont montré que les souris qui avaient été exposées à des interférences pendant l’expérience avaient une mémoire altérée, avec moins de réactivation des cellules de la mémoire. Cependant, il a également été démontré que la mémoire originale pouvait être réactivée en réexposant les souris aux objets d’origine.

Ces résultats suggèrent que même lorsque nous oublions quelque chose, la mémoire n’est pas totalement perdue. Elle est plutôt mise dans un état dormant, et peut être réactivée ou mise à jour lorsque cela est nécessaire. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles recherches sur les mécanismes sous-jacents de l’oubli et sur la façon dont les souvenirs dormants se distinguent des souvenirs actifs.

Jacob Berry, neurobiologiste à l’Université de l’Alberta, a déclaré que ces découvertes confirmaient ses travaux antérieurs sur les mouches, mais qu’elles apportaient également de nouvelles informations sur le fait que les engrammes devaient être activés pour que l’oubli se produise. Il est maintenant intéressé par l’étude des mécanismes qui régulent l’activation de la mémoire originale.

Cette recherche sur l’oubli pourrait avoir des implications importantes dans la compréhension de divers troubles de la mémoire, où l’oubli est un symptôme prédominant. Elle ouvre également la voie à de nouvelles perspectives sur la façon dont nous apprenons et maintenons nos souvenirs, en montrant que l’oubli est un processus actif et adaptatif qui fait partie intégrante de notre fonctionnement cognitif.
Source : https://www.the-scientist.com/news/forget-something-you-re-supposed-to-do-that-71601

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