Le sémaglutide, commercialisé sous les noms Ozempic et Wegovy, suscite une attention considérable pour ses effets remarquables sur la perte de poids. Initialement approuvé pour traiter le diabète de type 2, ce médicament injectable provoque des réductions pondérales significatives, ce qui a déclenché un véritable engouement sur les plateformes sociales. Mais l’intérêt clinique va désormais bien au-delà de ces propriétés amincissantes.
Un phénomène inattendu intrigue particulièrement les chercheurs : de nombreux patients rapportent une diminution spontanée de l’attrait pour diverses habitudes compulsives – tabagisme, onychophagie (rongement d’ongles), achats impulsifs, et plus récemment, consommation d’alcool.
Comment fonctionne le sémaglutide dans l’organisme ?
Le sémaglutide appartient à la famille des agonistes du GLP-1 (peptide 1 similaire au glucagon). Son mécanisme d’action principal consiste à imiter l’hormone naturelle GLP-1, produite par l’intestin après l’ingestion d’aliments. Cette hormone :
- Stimule la libération d’insuline par le pancréas
- Régule la glycémie
- Augmente la sensation de satiété
- Ralentit la vidange gastrique

La particularité du sémaglutide réside dans sa durée d’action prolongée dans l’organisme, créant une sensation de plénitude persistante qui diminue naturellement l’appétit.
Questions fréquentes sur Ozempic et les comportements addictifs
Peut-il vraiment réduire la consommation d’alcool ?
Les témoignages comme celui de Jeff Kob, qui a constaté une disparition de son envie de boire après avoir commencé Ozempic, se multiplient. Les recherches préliminaires sur les rongeurs confirment cette observation en démontrant que le sémaglutide réduit significativement la consommation volontaire d’alcool. Les scientifiques pensent que cet effet pourrait être lié à une modulation des neurotransmetteurs GABA, impliqués dans les troubles liés à l’alcool.
Comment agit-il sur le cerveau ?
Les études suggèrent que le sémaglutide influence le système de récompense cérébral de plusieurs façons :
- En agissant sur l’hippocampe, région cérébrale qui contrôle certains aspects du comportement alimentaire
- En atténuant la libération de dopamine en réponse aux stimuli gratifiants
- En modifiant potentiellement la sensibilité aux signaux de récompense
Cette action sur les circuits neuronaux de la récompense expliquerait pourquoi les effets du médicament dépassent la simple régulation de l’appétit pour toucher d’autres comportements compulsifs.
Qui peut bénéficier de ce traitement ?
Actuellement, la prescription d’Ozempic est officiellement approuvée pour :
- Les patients atteints de diabète de type 2
- Les personnes souffrant d’obésité ou de surpoids avec comorbidités (sous le nom Wegovy)
L’utilisation pour traiter spécifiquement les dépendances reste expérimentale et fait l’objet d’études cliniques en cours.
Quels sont les effets secondaires à connaître ?
Les effets indésirables les plus couramment rapportés incluent :
- Nausées et vomissements
- Diarrhée et constipation
- Douleurs abdominales
- Fatigue
Des effets secondaires plus graves mais rares ont également été signalés, d’où l’importance d’une supervision médicale.
Perspectives thérapeutiques futures
Les chercheurs mènent actuellement des essais cliniques pour déterminer avec précision :
- L’efficacité à long terme sur les comportements addictifs
- Les profils de patients qui répondent le mieux au traitement
- Les posologies optimales pour différentes indications
- La persistance des effets après l’arrêt du traitement
Si les résultats préliminaires se confirment, le sémaglutide pourrait représenter une avancée majeure dans le traitement des dépendances, ouvrant la voie à des approches thérapeutiques novatrices pour des conditions jusqu’alors difficiles à traiter.
Il est important de souligner que tout usage d’Ozempic ou Wegovy doit se faire exclusivement sous prescription et surveillance médicale appropriée, particulièrement en dehors des indications actuellement approuvées.